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KOSĀHA : un programme pour fédérer les royaumes traditionnels autour du développement économique

Des royaumes traditionnels aux technologies modernes, KOSĀHA trace une passerelle entre héritage africain et développement durable. Le projet entend mobiliser l’Afrique et sa diaspora pour bâtir une économie ancrée dans ses valeurs et tournée vers l’avenir.

Le Forum des Souverains et Leaders Traditionnels d’Afrique (FSLTA) porte un projet ambitieux baptisé KOSĀHA. Ce programme vise à fédérer les royaumes traditionnels du continent, de la diaspora et de l’Empire d’Ayiti autour d’un objectif commun : impulser un développement économique, agricole et industriel durable.

Une vision panafricaine et historique

La philosophie de KOSĀHA repose sur la création d’un '' United African Divine Kingdom ''. L’idée est de restaurer les liens entre royaumes africains et communautés de la diaspora afin de bâtir une souveraineté économique fondée sur l’histoire et la mémoire collective. Les initiateurs rappellent que l’Afrique a une longue tradition d’exploration maritime et de rayonnement civilisationnel, bien avant la période coloniale. Selon eux, les africains auraient laissé des traces en Amérique bien avant l’arrivée de Christophe Colomb, comme le souligne l’ouvrage de l’historien Clyde Winters.

Des objectifs multisectoriels

Le programme met en avant plusieurs secteurs jugés essentiels pour améliorer la vie des populations. L’eau, l’énergie et les infrastructures figurent parmi les priorités, tout comme le logement et la sécurité. 

L’éducation, la formation et la santé occupent une place centrale, avec la volonté de doter les communautés de compétences solides et d’un accès équitable aux soins. 

L’agriculture, l’élevage et le reboisement constituent également des axes stratégiques pour renforcer la souveraineté alimentaire. Le coût total du plan est évalué à 23,8 milliards de gourdes haïtiennes (HTG), soit environ 111 milliards de francs CFA.

Une gouvernance structurée

L’organisation du projet s’appuie sur un dispositif rigoureux. Un comité de pilotage fixe les grandes orientations et veille à la cohérence globale. Un comité de coordination assure le suivi technique et budgétaire. À leurs côtés, plusieurs commissions spécialisées – financières, institutionnelles, techniques ou encore commerciales – accompagnent la mise en œuvre.

Le siège stratégique et financier est installé à Lomé, au Togo. Le comité de pilotage opère depuis Cotonou, au Bénin, tandis que le centre technique opérationnel, responsable des activités de terrain, est basé à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Des projets pilotes en Afrique et à Haïti

La phase opérationnelle a débuté en juin 2024 avec l’arrivée en Côte d’Ivoire d’une délégation technique venue d’Haïti. Des projets pilotes sont en cours à Krindjabo, au Bénin et au Togo. À Krindjabo, sur une superficie de 30 hectares, il est prévu la construction d’un campus de santé et d’éducation inspiré du modèle du Conservatoire Royal des Sciences Intégrées (CRSI). Ces initiatives sont parallèlement dupliquées sur le territoire haïtien.

Une innovation financière

KOSĀHA a également développé une crypto-monnaie, le jeton GS50. Adossée à plus de 100 000 hectares de terres, à une production agricole et à des ressources minières, cette monnaie numérique pourrait à terme être reliée à la Nouvelle Banque de Développement des BRICS.

De la réflexion à l’action

La devise de KOSĀHA, « de la réflexion à l’action », illustre la volonté des souverains traditionnels de transformer leurs visions en projets concrets. Diagnostic, solutions, suivi et gestion de la qualité sont intégrés à chaque étape. L’objectif est clair : montrer que les institutions traditionnelles, souvent réduites à une fonction symbolique, peuvent devenir des moteurs du développement économique et social en Afrique et dans sa diaspora.

De la mémoire des royaumes anciens aux défis contemporains, KOSĀHA veut écrire une nouvelle page. Celle d’une Afrique qui conjugue traditions et modernité pour construire son propre horizon.

LA REDACTION

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