Le constat est alarmant. Deux ans après les opérations de déguerpissement menées dans plusieurs zones du Grand Lomé, les espaces libérés sont aujourd’hui devenus, selon le Mouvement Martin Luther King (MMLK), de véritables dépotoirs à ciel ouvert. Dans un communiqué publié le 18 mai 2026, l’organisation dirigée par le pasteur Edoh KOMI dénonce « l’état d’abandon » des emprises publiques et interpelle directement les autorités municipales ainsi que le gouvernement togolais.
Le mouvement, plus connu sous le slogan « La Voix des Sans Voix », affirme avoir constaté sur le terrain « des amas d’ordures, des eaux stagnantes et des espaces livrés à l’insécurité » sur plusieurs sites autrefois occupés par des commerçants. Des zones qui, avant les déguerpissements, constituaient des pôles d’activités économiques pour des milliers de petits vendeurs.
Un objectif d’assainissement remis en cause
À l’époque, les opérations avaient été présentées comme une mesure destinée à « libérer et assainir l’espace public ». Mais pour le MMLK, le résultat obtenu est aujourd’hui à l’opposé des ambitions affichées. « Un déguerpissement sans plan n’est pas de l’assainissement. C’est la destruction d’emplois et la dégradation accélérée de la ville. », martèle l’organisation dans son communiqué.
Le mouvement reproche notamment aux autorités municipales d’avoir exécuté les décisions gouvernementales sans exiger, au préalable, un véritable programme de réaménagement des sites concernés. Selon le MMLK, aucun dispositif sérieux d’entretien, de réhabilitation ou de relogement économique des commerçants n’aurait accompagné les opérations.
Des conséquences sociales lourdes
Au-delà de l’aspect environnemental, l’organisation insiste sur le coût humain des déguerpissements. Des milliers de familles auraient perdu leur unique source de revenus. Certains commerçants seraient aujourd’hui fortement endettés, tandis que d’autres auraient quitté Lomé faute d’activités génératrices de revenus.
Le MMLK estime également que l’économie informelle n’a pas disparu avec les déguerpissements, mais qu’elle s’est simplement déplacée vers d’autres zones, dans des conditions encore plus précaires.
Les exigences du MMLK
Face à cette situation, le mouvement formule plusieurs revendications à l’endroit des autorités. Il demande notamment le réaménagement et l’entretien immédiat des sites déguerpis, la mise en place d’un plan de réhabilitation « chiffré et daté » pour chaque espace concerné, l’ouverture d’un cadre de concertation avec les associations de commerçants, ainsi qu’un moratoire sur tout nouveau déguerpissement sans solution préalable de relogement économique.
Le MMLK rappelle enfin que « la gestion de la ville ne se fait pas contre le peuple », estimant qu’un déguerpissement qui engendre « plus de saleté et plus de pauvreté » constitue « une double faute ».
Cette nouvelle sortie relance le débat sur la politique d’aménagement urbain dans le Grand Lomé, où plusieurs opérations de libération des espaces publics continuent de susciter des critiques sur leurs impacts sociaux et économiques.
LA REDACTION
GRAND LOME - MMLK : « Les lieux déguerpis sont devenus insalubres, obscurs et dangereux. »